Quand la mobilité se dégrade, la ville perd du temps, du souffle et de l'équité. Elle n'est pas seulement un système de transport, mais une architecture de liens entre quartiers, activités et rythmes de vie. À Marrakech, la mobilité durable est un choix d'organisation, au service du quotidien.
Dans le monde d’aujourd’hui, la mobilité urbaine est bien plus qu’une question de transport : elle est devenue un enjeu vital de développement durable, de justice sociale et de santé publique. Les villes, où vivent déjà près de 60 % de la population mondiale, abritent des systèmes de transport dont les choix influencent profondément la qualité de l’air, les émissions de gaz à effet de serre et la vitalité économique. Le secteur des transports représente à lui seul près de 25 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie. Dès lors, la transition vers une mobilité sobre en carbone s’impose comme l’un des leviers les plus puissants pour bâtir des villes plus saines, plus inclusives et plus compétitives.
Le Maroc, pays engagé dans une trajectoire ambitieuse de transition énergétique et de décarbonation, place le secteur des transports au cœur de sa stratégie climatique. L’adoption de modes de déplacement propres, l’intégration des nouvelles technologies, et la promotion d’une mobilité électrique et intermodale font partie des axes stratégiques définis par les politiques publiques.
Les grandes villes marocaines sont aujourd’hui invitées à repenser leur modèle de mobilité en conciliant efficacité énergétique, accessibilité et inclusion sociale. L’État agit en catalyseur, en accompagnant les collectivités dans la mise en place d’infrastructures sobres en carbone et d’initiatives pilotes – un signal fort adressé aux citoyens et aux opérateurs privés pour accélérer la transformation.
À Marrakech, cette transition est en marche. L’essor rapide des véhicules individuels, représentant désormais plus de 15 % de la part modale, conjugué à une flotte de plus de 200 000 motos thermiques, a généré des problématiques bien connues des grandes métropoles : congestion, nuisances sonores et pollution atmosphérique. Ces défis se traduisent par une hausse des émissions de gaz à effet de serre et une détérioration de la qualité de l’air, particulièrement dans les zones centrales.
Face à ces enjeux, la ville ocre a engagé depuis plusieurs années une mutation profonde de son système de mobilité. Bus électriques, trémies, contournements, voies réservées et infrastructures cyclables structurantes : autant d’initiatives qui traduisent une volonté affirmée d’améliorer la fluidité et de réduire l’empreinte carbone des déplacements. Cette dynamique se complète aujourd’hui par des projets d’aménagement urbain structurants et un renouvellement du parc du transport en commun, sur le plan technologique et opérationnel.
La vision portée par Marrakech va au-delà de la simple substitution technologique. Il s’agit d’une révolution d’usage : encourager la mobilité active (marche, vélo), renforcer les transports collectifs, promouvoir le partage, et intégrer le numérique comme levier d’efficacité et de transparence.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit pleinement le Programme « Marrakech, Ville Durable » (PMVD), appuyé par le PNUD et le FEM. En cohérence avec les engagements du Royaume du Maroc et les orientations du Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, le PMVD agit comme un accélérateur de la mobilité durable et un intégrateur des solutions bas-carbone au niveau local.
Le programme accompagne la ville dans la planification, la financiarisation et la mise en œuvre d’actions concrètes visant à réduire les émissions du secteur des transports tout en améliorant la qualité de vie urbaine.
Parmi les principales initiatives soutenues :
- Élaboration du Plan de Mobilité Urbaine Durable (PMUD) du Grand Marrakech, définissant une vision intégrée et intermodale pour les transports publics pour les années à venir ;
- Schéma directeur des infrastructures de recharge pour véhicules électriques ;
- Financement et installation d’un réseau public de bornes de recharge électriques ;
- Étude de faisabilité technico-financière pour un projet pilote de partage de motos électriques, suivie de sa mise en œuvre effective en partenariat public-privé ;
- Plan vélo pour Marrakech, comprenant la planification des voies cyclables prioritaires et la création de liaisons interquartiers sécurisées ;
- Aménagement de voies dédiées aux deux-roues, visant à encourager la pratique quotidienne du vélo ;
- Étude de conception d’une Zone à Faibles Émissions (ZFE) autour de Jemaa El Fna et de la médina, pour réduire la pollution atmosphérique et préserver le patrimoine historique.
Ces initiatives positionnenet Marrakech comme un laboratoire national de la mobilité bas-carbone, conjuguant innovation technologique, inclusion sociale et exemplarité environnementale. Chaque projet, qu’il s’agisse d’une piste cyclable, d’une borne électrique ou d’un système de partage, participe à un objectif commun : réduire les émissions, fluidifier les déplacements et rendre la ville plus respirable et plus accessible.
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